Commençons par les faits, parce qu'ils sont encore mal connus et que beaucoup de sites n'ont pas été mis à jour. L'arrêté du 1er juin 2026 a abrogé la prime à l'investissement, celle qu'on appelait la prime à l'autoconsommation. Elle ne s'applique plus à aucune demande de raccordement déposée à partir du 5 juin 2026, et cela vaut pour toutes les puissances, y compris les petites installations résidentielles.
Dans le même mouvement, le tarif de rachat du surplus s'est effondré à 1,1 centime d'euro par kilowattheure, tarif unique garanti vingt ans et revalorisé de 2 % par an. Et la vente en totalité a disparu pour les installations de 9 kWc ou moins : il ne reste que l'autoconsommation avec vente du surplus.
Un ordre de grandeur pour comprendre
Vous rachetez le kilowattheure à votre fournisseur autour de 20 centimes. Vous revendez votre surplus à 1,1 centime. Autrement dit, un kilowattheure consommé chez vous vaut désormais dix-huit fois ce que vaut le même kilowattheure envoyé au réseau. Toute la logique du projet en découle.
Ce que ça change dans la façon de dimensionner
Avant, la règle commerciale était simple : couvrir la toiture. Plus de panneaux, plus de production, plus de surplus revendu, plus de recettes. Le sur-dimensionnement était même rentable, ce qui arrangeait tout le monde — surtout les vendeurs.
Aujourd'hui, chaque kilowattheure que vous ne consommez pas vous-même ne vous rapporte pratiquement rien. La bonne installation n'est donc plus la plus grande : c'est celle qui colle au plus près de votre consommation réelle. Et cela renverse complètement la méthode d'étude.
Comparer la méthode avant et après juin 2026
| Avant juin 2026 | Depuis juin 2026 | |
|---|---|---|
| Point de départ de l'étude | La surface de toiture disponible | Vos factures et vos horaires de consommation |
| Objectif | Produire le maximum | Autoconsommer le maximum |
| La batterie | Une option de confort | Le cœur du projet |
| Recettes de revente | Une part significative du calcul | Négligeable |
| Une installation plus petite | Moins rentable | Parfois plus rentable |
La batterie mérite un mot à part. Elle n'est plus un équipement de luxe qu'on ajoute si le budget le permet : elle garde la production de midi pour vous la restituer le soir, au moment où vous êtes chez vous et où vous consommez vraiment. Sans elle, une bonne partie de votre production part au réseau à 1,1 centime. Avec elle, elle remplace de l'électricité à 20 centimes.
Même raisonnement pour tout ce qui se pilote : le ballon d'eau chaude, la pompe à chaleur, la voiture électrique. Une voiture est le plus gros consommateur déplaçable d'une maison : vous choisissez l'heure à laquelle elle charge, donc vous pouvez la faire coïncider avec le pic de production. C'est aujourd'hui la meilleure valorisation possible de vos kilowattheures.
Ce qui reste réellement acquis
Trois lignes, et pas une de plus :
Voir l'état de chaque dispositif, un par un
| Dispositif | État | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Prime à l'autoconsommation | 0 € | Abrogée. Toute promesse de prime à l'autoconsommation aujourd'hui est fausse. |
| Rachat du surplus | 1,1 c€/kWh | Garanti vingt ans, revalorisé de 2 % par an. On ne construit plus un projet là-dessus. |
| TVA réduite jusqu'à 9 kWc | 5,5 % | Au lieu de 20 %, sur le matériel et la pose, en résidence principale, depuis octobre 2025. C'est le seul coup de pouce restant, et il s'applique automatiquement. |
| Prime CEE | Non | Les fiches CEE couvrent le chauffage et l'isolation, pas la production d'électricité. Personne ne peut vous en promettre une. |
| MaPrimeRénov' | Non | Pour le photovoltaïque seul. Un ballon thermodynamique, en revanche, relève du chauffage et ouvre droit à ses propres dispositifs. |
Restent deux pistes qui ne dépendent pas de l'État et que nous vérifions systématiquement : les aides locales, certaines communes et intercommunalités du Vaucluse soutenant encore l'équipement des particuliers, et le ballon thermodynamique couplé à l'installation.
Le photovoltaïque est-il encore rentable ?
Oui, mais pour une raison différente d'avant, et il faut l'énoncer clairement : le gain ne vient plus d'une aide ni d'une recette, il vient de l'électricité que vous n'achetez plus. Chaque kilowattheure produit et consommé chez vous est un kilowattheure à 20 centimes que vous ne payez pas — et ce prix-là, contrairement au tarif de rachat, ne baisse pas.
En Vaucluse, avec un productible autour de 1 400 kWh par kilowatt-crête et par an, le potentiel reste l'un des meilleurs de France. Ce qui a changé, c'est qu'il faut désormais un vrai travail d'étude pour capter ce potentiel, là où il suffisait avant de remplir un toit.
Comment reconnaître un discours périmé
Si un commercial vous parle encore d'une prime à l'autoconsommation, d'un « placement qui se rembourse par la revente » ou d'un rendement garanti par le rachat : soit il n'a pas suivi la réforme, soit il compte sur le fait que vous ne l'avez pas suivie. Dans les deux cas, demandez-lui la date du dernier arrêté tarifaire.
Une précision rassurante pour ceux qui sont déjà équipés : les contrats signés avant le 5 juin 2026 conservent leurs conditions d'origine. Si vous avez déjà une installation et un contrat de rachat, rien ne change pour vous.
Pour aller plus loin
Votre situation en particulier
Cet article donne la règle générale. Pour savoir ce qu'elle donne chez vous, le plus simple reste de nous montrer votre logement : étude et déplacement gratuits, devis sous 48 heures. Prendre rendez-vous ou nous appeler au 04 90 89 11 59.
